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Février 2004

source: sud education

 

REPRESSION ANTISYNDICALE.
UN MILITANT DE SUD EDUCATION POURSUIVI

Un de nos camarades ardéchois, Philippe KAUFFMANN, vient d'être poursuivi pour s'être fait bousculer par un pandore au cours d'une récente manifestation!!! Le procès est prévu pour le 11 février prochain... Il nous reste donc moins de deux mois pour organiser la mobilisation.

Vous pourrez lire ci-dessous, les circonstances de "l'affaire" telles qu'elles nous ont été transmises par les copains du 07.

LES FAITS
Le samedi 18 octobre a lieu aux VANS (07) l'inauguration d'une salle omnisports intercommunale. A partir de 15 heures ont lieu des démonstrations sportives d'enfants, puis des discours d'élus suivi d'un apéro buffet.
A 16 heures, une trentaine de manifestants se regroupent devant le centre sportif, à l'initiative de l'Assemblée Générale Interprofessionnelle du sud Ardèche (AUBENAS). Cette Assemblée Générale est un prolongement de celle créée au cours du mouvement social de mai-juin 2003.
Des tracts sont distribués à l'extérieur et à l'intérieur de la salle, et même en mains propres aux élus ! Les manifestants prennent cependant soin de ne pas troubler les démonstrations des enfants. L'ambiance est, chez les manifestants, plutôt bon enfant. Sans agressivité. Quelques tentatives de scotcher des tracts et affiches sur les portes vitrées sont " refoulées " sans accrochage.
Une intervention au mégaphone a lieu à l'extérieur du bâtiment. Y est en particulier visé le soutien du député local, Jean-claude FLORY à la politique de casse sociale du gouvernement. Une liste assez longue des dernières mesures soutenues par le député est lue à la population.
Une grande banderole protestataire est déroulée depuis le toit en terrasse des vestiaires du bâtiment.
A ce moment, le service d'ordre en faction filtre le public entrant dans la salle et interdit notamment (consigne verbale entendue) " le passage des intermittents " (du spectacle).

Un des manifestants, Philippe KAUFFMANN, professeur, fait remarquer qu'étant enseignant il n'est pas intermittent et il est admis dans l'entrée puis dans la salle de sport où l'inauguration tire à ce moment à sa fin, le buffet étant commencé.
Le manifestant rentre dans la salle en même temps que d'autre personnes du public. Il est sans tract, sans affiche, sans banderole, sans mégaphone, sans signe distinctif, normalement vêtu. Il est rentré pour estimer le nombre de personnes restantes et le temps restant avant la sortie des élus.
Après trente secondes, il est rentré de 2 à 3 mètres dans la salle et s'est arrêté, c'est-à-dire loin (30 mètres) du buffet et du groupe des élus. Sans rien faire, sans rien dire.

A ce moment un gendarme en faction devant la porte est revenu vers lui et lui a intimé l'ordre de sortir. Etant entré à ce moment comme simple public, Philippe KAUFFMANN demande au gendarme pourquoi il devrait sortir alors que le reste du public reste et qu'on l'a laissé rentrer.
Le gendarme répond " vouloir comprendre c'est déjà désobéir ", et il hèle un second gendarme près du buffet.
Celui-ci, le gendarme BERTRAND, 1, 90 mètre et 100 kg, arrive en courant depuis le buffet où il se trouvait. Il faudrait être fou pour tenter, qui plus est seul, de résister.

Arrivé sur Philippe KAUFFMANN il ceinture ce dernier, par devant (face à face), le soulève (comme un fétu de paille diront les témoins) et l'emmène devant lui vers la porte . Ainsi Philippe KAUFFMANN ne voit pas où il va.
Serré face à face par le gendarme, afin de ne pas entraver la marche de celui-ci, Philippe KAUFFMANN écarte les jambes. Mais ne fait aucun autre mouvement.

A cause du filtrage du public entrant, les portes sont faiblement ouvertes. Au passage de la porte, que Philippe KAUFFMANN n'a pas vu arriver (il est de dos), son pied s'accroche au montant. Déséquilibré, le gendarme pousse violemment Philippe KAUFFMANN devant lui et le lâche. Lancé vivement (le policier courait), Philippe KAUFFMANN tombe en vrille (un de ses pieds venait de s'accrocher à la porte). En touchant le sol, moitié sur le dos et sur le côté il ressent une vive douleur dans le bas du dos et dans la hanche droite, et crie de douleur.

Il reste étendu quelques instants afin de reprendre ses esprits et attendre que la douleur s'estompe. Au moment où il souhaite se relever, le gendarme BERTRAND lui intime l'ordre de rester allongé, car des secours (pompiers) ont été prévenus. Ainsi Philippe KAUFFMANN attend un quart d'heure au sol l'arrivée du médecin des pompiers. La douleur dans la hanche droite subsiste ainsi qu'une perte de sensation au niveau de la cuisse. Le médecin pense que les lésions sont sans gravité et permettent de se relever (pincement du nerf crural, léger déplacement de l'articulation). Mais il prescrit une radio à faire si les symptômes s'aggravent avec un passage chez le médecin traitant.

Pendant l'attente de secours, un des gendarmes tire sur la banderole, visiblement pour déséquilibrer le militant qui la maintenait sur le toit. Celui-ci chute de plusieurs mètres avec heureusement seulement quelques égratignures. On a évité le pire.
Les gendarmes, maintenant assez agressifs, relèvent les identités des personnes présentes.
La manifestation est terminée et les manifestants repartent. Les élus sont sortis par la petite porte.
Contacté par téléphone par la gendarmerie des VANS, le mardi 21 octobre, Philippe KAUFFMANN est prié de prendre contact avec la gendarmerie de LARGENTIERE (sous-préfecture). Il appelle celle ci le jour même et se voit signifier un rendez-vous avec l'adjudant chef ALOMBERT pour le jeudi 23 octobre à 10 heures.

Le jeudi 23 octobre, à 10 heures, à la gendarmerie de LARGENTIERE, Philippe KAUFFMANN est reçu par l'adjudant BERTRAND celui là même qui l'a jeté par terre, et non pas l'adjudant chef ALOMBERT. Philippe KAUFFMANN n'est pas informé de la procédure judiciaire à son encontre et croit auditionner pour l'acte de violence dont il a été VICTIME. Sous la pression de son agresseur qui est alors également son interrogateur, il ne détaille pas les faits et se voit même incité à reconnaître que le gendarme l'a poussé fortuitement !
Ce n'est qu'au moment de la signature que Philippe KAUFFMANN découvre que c'est lui qui est devenu prévenu et l'adjudant victime !! Dans la déposition, l'adjudant BERTRAND s'est bien gardé de décrire (et pour cause) ce qu'il entend par violence, et ne détaille pas les actes ou gestes (ou même propos) qu'auraient soit disant faits Philippe KAUFFMANN.

Il accuse Philippe KAUFFMANN de s'être jeté seul par terre et d'avoir simulé ! Ce qui a été démenti dans la déposition. En effet, on imagine mal comment, ceinturé par un gendarme d'une telle corpulence, Philippe KAUFFMANN aurait pu s'en libérer seul pour se jeter tout seul au sol !
De nombreux témoins peuvent confirmer les faits énoncés ci-dessus. Y compris certains des élus (pour la part qu'il ont pu observer).
LA REACTION

L'Assemblée Générale a été saisie. Un communiqué de presse (ci-joint) est en cours d'élaboration. Un important comité de soutien s'est constitué. Il reçoit le concours de nombreuses organisations (Les Alternatifs, ATTAC Sud 07, La Ligue des Droits de l'Homme, le MRAP, LA CCIPPP, la CNT, La Confédération Paysanne, la Fédération Anarchiste, la LCR 26/07, le Mouvement Social et Aternative Politique, le Snutefi, Sud Education, PC 07, Les Verts, le PS, la FRAPNA, la FSU…….

Le militant prévenu, enseignant, risque avec une condamnation pour un acte qu'il a subit, sa révocation de l'éducation nationale, La liberté d'expression est menacée par l'arbitraire et la répression. Il s'agit de ne pas laisser un précédent se créer.
* Le soutien à Philippe Kauffmann s'organise autour du Comité de Soutien :
* La carte de soutien ci-jointe est à renvoyer par courrier à la BP de Sud Education 07.
* La soirée de solidarité pour la relaxe de Philippe aura lieu le samedi 31 janvier dès 16 h dans la salle de l'Amicale Laïque de St Jean-le-Centenier entre Villeneuve-de-Berg et Viviers.

Mercredi 11 février 16 h au palais de justice de Privas : procès de Philippe Kauffman
Nous devons être nombreux pour soutenir Philippe un covoiturage sera organisé au départ de Grenoble et de Chambéry.



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