Profession de foi nationale de l’UDAS

mardi 27 septembre 2011
par  udas
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RESISTANCE

Pour faire mieux entendre à l’administration la voix des désobéisseurs et plus largement celle des enseignants critiques,
pour conserver le caractère artisanal du métier, avec des équipes d’enseignants responsables et autonomes,
pour mieux prendre en compte les intérêts des élèves, par la confiance en leurs capacités de progrès,
pour redonner toute sa noblesse à la pédagogie, incompatible avec la compétition, la culture du chiffre et la rentabilité,
pour un service public débarrassé de ses dérives libérales, bureaucratiques et autoritaires,
pour un paritarisme de lutte au cœur de la résistance pédagogique,
avec l’Alternative Syndicale, nous défendons la prédominance de la place de l’adhérent contre toute tentative de dérive bureaucratique. Nous lions les analyses des tendances et des faits de notre société à nos pratiques personnelles, professionnelles et syndicales.

Vous n’avez jamais entendu parler de l’UDAS ?

Pourtant, l’UDAS existe depuis 1990, se présente régulièrement aux élections professionnelles, mais a été écartée à chaque fois pour non représentativité !
Cette fois l’UDAS est enfin validée, c’est l’occasion de développer une alternative syndicale !
Les listes UDAS traduisent le dynamisme de ses syndicats départementaux, avec des élus paritaires à la Réunion (SAIPER) et en Isère (PAS 38), des sections départementales également dans le Rhône et dans la Drôme (PAS 69 et 26) et des adhésions individuelles dans les autres départements.

Le métier est défiguré

Petites structures, classes de cycle, directions collégiales, vrais projets pédagogiques, méthodes actives et coopératives, bref les initiatives humanistes, sont laminées par la conception utilitariste et productiviste du ministère : faire du chiffre.
Compétition exacerbée, pilotage serré, gestion individualisée des carrières, contrats d’objectifs en fonction des « résultats » aux évaluations nationales ou aux compétences du socle commun, autoritarisme sous toutes ses formes pour accompagner les réformes, on nous offre la gamme des méthodes de gestion d’entreprise privée avec les aspects les plus virils du management.
Loi Organique des Lois de Finance (LOLF), Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) : moins dépenser pour atteindre des objectifs quantifiables : non remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite, effectifs alourdis pour de l’instruction très transmissive et le retour au tableau noir ou à l’écran. Ce qui nous attend : ici on critique une école pour « ses » mauvais résultats aux évaluations, et là on en soupçonne une autre pour « ses » trop bons résultats aux évaluations. Quand on cherche à faire de l’individu enseignant LE responsable des résultats, c’en est trop !
Cette recherche de performance est voulue par le patronat européen et mondial, poumon des réformes libérales de l’éducation. Ancrée sur la très liberticide Base Elèves et précisément sur l’identifiant élève, l’arrivée des livrets personnels de compétences électroniques installe traçabilité, déterminisme et contrôle social de la population, les enseignants eux-mêmes n’étant certainement pas épargnés par l’entreprise du fichage généralisé. Big Brother is watching you !

L’étau se resserre

Gare à ceux qui dénoncent les dysfonctionnements dus aux réformes : absence de formation, apprentissages prématurés et vides de sens pour la plupart des élèves, contrevérités « scientifiques » à l’appui des méthodes abêtissantes, aide personnalisée au détriment des RASED, rythmes des enfants et des adultes méprisés, élèves stigmatisés, temps énorme consacré au bachotage, à la saisie et à l’exploitation de données au détriment de la recherche pédagogique, dangers du fichage, etc … Tout est fait pour marginaliser les fonctionnaires qui gardent un soupçon d’esprit critique dans leur travail. Ces contestataires sont montrés du doigt, au nom de « l’immense majorité des enseignants qui adhèrent aux réformes ». Un fonctionnaire doit obéir, et tant pis si les réformes violent les principes républicains ou le droit international (notamment les droits des enfants). L’enseignant est désormais attaqué dans sa personne. Le directeur, adoubé en supérieur hiérarchique, est instrumentalisé. Parfois un climat de délation est instauré, la peur et l’autoritarisme sont souvent installés comme valeurs de travail.
Malheur aux récalcitrants qui se retrouvent fragilisés (relations tendues avec les parents d’élèves ou avec les collègues, problèmes de santé, etc …) Leur stigmatisation peut les amener rapidement à la déprime, à la démission voire au suicide. On n’est plus très loin de l’internement et du « traitement médical » des contestataires !
Est-ce de la parano ? On pourrait le penser quand ici la hiérarchie se montre plus tolérante, ou là quand des équipes résistent solidement. Mais les situations délirantes se multiplient dès que le pilotage administratif resserre l’étau, en jouant sur l’isolement des enseignants résistants !

Il nous faut résister !

Face à cette déferlante, plus que jamais nous prétendons que la solidarité, la coopération et la confiance mutuelle sont nécessaires pour progresser.
Les désobéisseurs ne sont pas ceux que l’on croit. Qui s’assied sur les valeurs républicaines et sur le droit ? Résister aux dérives décrites ci-dessus c’est « Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ». C’est garder entière la capacité du pédagogue créatif, critique, coopératif et responsable de ses actes, au service des élèves qui nous sont confiés.
Le respect et la bienveillance envers les personnes devraient être des invariants.
Nous demandons que l’attitude positive qu’on nous invite à appliquer à l’égard de nos élèves, futurs citoyens, soit également mise en œuvre à l’égard des citoyens que nous sommes encore en exerçant le métier d’enseignant.
L’UDAS place la résistance individuelle au cœur de l’action syndicale. Ce sont les initiatives des enseignants-citoyens et les AG des personnels qui constituent le moteur des luttes et non les mots d’ordre de fédérations nationales plus attachées à la pérennité de leurs structures qu’à la transformation émancipatrice de l’Education Nationale.

Petits et grands, tous perdants ?

C’est le sens de notre participation aux élections professionnelles.
Pour la première fois, au moment de décider de participer à ces élections, nous ne connaissons pas les règles de représentativité, de droit syndical et de moyens attribués aux organisations.
Cette opacité n’est pas due au hasard. Le paritarisme est directement menacé, le travail des délégués du personnel est de plus en plus difficile : opacité du mouvement, accès de plus en plus tardif aux documents de travail …
S’attaquer au service public de l’Education Nationale est plus efficace avec des appareils syndicaux fragilisés, muselés et dociles. Petits et grands, tous perdants ?

10 bonnes raisons pour ne PAS voter pour l’UDAS !

1 Même s’il y a des choses à améliorer, notamment la question des moyens, je suis d’accord avec l’esprit des réformes Darcos et Châtel. Il fallait recentrer sur les fondamentaux, mesurer les vrais progrès des élèves et faire le tri plus tôt. Les mauvais élèves font perdre trop de temps aux autres.

2 Je veux voter pour un syndicat responsable, capable d’accompagner avec entrain la modernisation du service public, qui ne conteste pas trop les atteintes au droit de grève, aux droits syndicaux et aux droits de l’homme. Il faut vivre avec son temps et être raisonnable.

3 Je veux voter pour un syndicat majeur, qui rejette la résistance et la désobéissance individuelles. Je suis fonctionnaire, j’obéis. Le ministère sait ce qui est bon pour l’école.

4 Je ne veux pas voter pour un syndicat qui s’intéresse beaucoup à la pédagogie et aux besoins des élèves.

5 Je veux voter pour un syndicat corporatiste, qui défend les personnels et qui ne fait pas de politique.

6 Je ne veux pas voter pour un syndicat qui défend les directions collégiales, les petites structures et les projets pédagogiques coopératifs et innovants, qui demandent plus de travail.

7 Je veux voter pour un syndicat qui envoie des journaux avec de la couleur, de la pub, des slogans faciles à comprendre.

8 Je veux voter pour un syndicat qui me donnera des consignes simples et claires, afin que je sache ce que je dois faire lors des actions qu’il aura décidées. Je ne veux pas voter pour un syndicat où on perd du temps à décider ensemble des actions. Je veux que les décisions, notamment les grèves de 24 h, viennent de Paris.

9 Je veux voter pour de vrais professionnels du syndicalisme, déchargés le plus possible pour pouvoir se consacrer à leur tâche et prendre les décisions importantes sans perdre du temps à consulter la base.

10 Je ne vote que pour le suivi de ma carrière, de mon avancement, de mes mutations. Le reste ne m’intéresse pas.