Situation de crise dans le handicap

mardi 19 avril 2011
par  udas
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Communiqué de presse

Combien d’élèves en situation de handicap déscolarisés l’an prochain ?

Nous, parents d’enfants en situation de handicap, enseignants spécialisés ou non, voulons tirer une sonnette d’alarme en ce qui concerne la scolarisation de ces enfants.

La loi de 2005 sur le handicap donne droit à une scolarité en milieu ordinaire à tous les élèves.

La dégradation continue du service public d’enseignement réduit les possibilités d’accompagnement des ces élèves à besoins éducatifs particuliers :
- disparition des RASED ;
- insuffisance de création d’ULIS (dispositif du second degré permettant l’inclusion des élèves en situation de handicap) sans articulation avec les fermetures de places en établissements spécialisés ;
- absence ou insuffisance de la formation professionnelle, y compris dans des ULIS de lycée professionnel (les élèves n’ont souvent pas accès à la formation en atelier) ;
- accompagnement individuel absent ou insuffisant des élèves en situation de handicap (les EVS (Emploi Vie Scolaire) qui sont des emplois précaires, avec du personnel non formé, en insertion professionnelle, ne pouvant rester en place de manière durable. De plus leur recrutement devient de plus en plus difficile, et ne recouvre jamais toute l’année. Alors qu’en Italie, par exemple, un élève en situation de handicap dans une classe engendre un poste d’enseignant supplémentaire pour l’école (ce qui est moins stigmatisant pour l’élève).
- difficultés de financement des transports vers des dispositifs adaptés.

Par ailleurs, pour un certain nombre d’élèves, les établissements spécialisés restent une solution plus satisfaisante, grâce à un accompagnement et un soin plus suivi et plus global.
Or le nombre de places en IME (Institut Médico Éducatif) et en ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique) est largement insuffisant par rapport aux besoins, la couverture territoriale n’étant pas toujours adaptées aux besoins locaux. Enfin, les financements du secteur médico-social sont en baisse et on assiste à un désengagement sensible de l’éducation nationale dans ces structures.

La situation pour la rentrée 2011 s’annonce catastrophique :
Des élèves en demande d’IME ou d’ITEP risquent de n’avoir aucune place, alors qu’ils ont parfois déjà été maintenus à l’école primaire à plus de 13 ans.
Dans certains secteurs, il y a déjà 7 demandes d’ULIS pour une place.

Alors qu’un certain nombre d’enfants en situation de handicap sont déjà déscolarisés, combien le seront encore l’an prochain. Et combien seront orientés par défaut dans des structures inadaptées ?

Combien payerons-nous demain les économies qui sont faites aujourd’hui ?

Contact :
Benjamin LACOUR
benjamin.lacour@gmail.com
06 67 09 54 12