Qui sommes-nous ?

samedi 31 janvier 2009
par  udas
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Pour une alternative syndicale :

La fin de la décennie 80 et les années 90 ont vu le monde syndical enseignant mis en chantier. Naissance de SUD ptt, naissance du PAS, scissions dans la CFDT, crise dans la FEN et naissance de la FSU…

C’est en 1990, en Isère, que des syndicalistes de l’Education concrétisent leur rupture avec ces centrales qui n’avaient de démocratiques que leurs affirmations. Ils veulent construire un autre type de syndicalisme. Ils constituent alors le P.A.S. "Pour une Alternative Syndicale", aujourd’hui membre de l’Udas, " Union des alternatives syndicales ".

L’alternative syndicale, un fonctionnement syndical différent :

Deux fois par trimestre (plus souvent si l’actualité l’impose) les adhérents se réunissent en assemblée générale et décident de l’action du syndicat. L’Assemblée Générale est le lieu des décisions du syndicat.

Entre deux assemblées générales, des commissions approfondissent la réflexion sur les problèmes actuels de l’Education : écoles rurales, directions d’école, rythmes scolaires, aide à l’intégration scolaire...

D’une Assemblée Générale à l’autre, un collectif ouvert d’adhérents gère les affaires courantes et prépare les AG en informant chaque adhérent.

Une fois par mois environ, le journal donne la parole aux adhérents, informe des luttes professionnelles ou interprofessionnelles, rend compte des actions du syndicat, rappelle l’histoire du mouvement ouvrier ou des résistances passées. Dossiers ou brochures rendent compte d’une réflexion pédagogique construite à partir de nos expériences dans les classes…

Le refus du repli dans des luttes catégorielles :

L’Udas n’est pas une union de syndicats isolés. Son combat s’inscrit dans un ensemble de luttes : en liaison avec d’autres syndicats départementaux, aux côtés des associations (Agir Contre le Chômage, Droit Au Logement, sans papiers, etc...) et des militants isolés...

Nous travaillons au développement de l’Union des Alternatives Syndicales dont les principes de fonctionnement sont en conformité avec notre souhait de construire l’alternative syndicale.

Inlassablement, nous travaillons à l’union dans les luttes sans s’abstenir de critiquer le modèle dirigeants-dirigés qui tend à verrouiller les volontés syndicalistes des militants et des non syndiqués par des grèves de 24 h autant démobilisatrices qu’inefficaces.

Après dix années d’existence, la lutte continue :

S’appuyant sur les amendements Perben, le Ministère nous interdit de présenter une liste de candidats aux élections à la Commission Administrative Paritaire Nationale de décembre 99 comme à celle de 2002.

Cette mesure est lourde de conséquences pour nous puisqu’elle ne nous permet plus d’obtenir des postes de décharges de services pour assurer les permanences ainsi que le fonctionnement quotidien de notre syndicat.

Cette loi veut nous interdire la liberté d’exercice des droits syndicaux alors que les listes que nous avons présentées dans l’Isère (2 élus sur 10) dans le Rhône et à La Réunion progressent. Sur trois départements, nous collectons autant de voix que deux autres syndicats reconnus représentatifs au plan national et qui n’ont eu aucun élu à aucune CAPD.

Cette situation ne modifiera cependant en aucun cas notre combativité et notre désir de renouveler de manière fondamentale le déroulement du jeu syndical.

Années 2 000... Bonjour !

Les problèmes de violences à l’école et les situations de scolarité de plus en plus difficiles se multiplient, se démultiplient. Rassurons-nous, les Ministères successifs en sont très conscients, et ils réagissent ! Mais ne nous attendons pas à une analyse psycho-socio-politique du phénomène, à un déblocage de fonds conséquent pour des moyens et des postes supplémentaires. Savourons plutôt : Une Ministre suggère des projets pédagogiques pour les récréations, un Ministre une échelle de sanctions enfin précisée pour les conseils de discipline, un Recteur écrète une enquête administrative pour vérifier de la " bonne acuité " des adultes dans les situations délicates, un Ministre veut liquider les aides-éducateurs et les MI-SE, un Ministre conseille aux enseignants de changer de métier s’ils ne peuvent faire face aux élèves ! Comprenons le, car ils nous le font savoir : en cas de violence, nous sommes a priori coupables. Et l’école devra assumer toutes les conséquences de toutes les violences de la société. Sachez pourtant, Mesdames et Messieurs les penseurs et décideurs de haute volée, que depuis toujours, nous attachons la plus grande vigilance à ces temps essentiels que sont les cours et les classes et ceux de détente que sont les " récréations ", comme à tous les temps de la vie de l’enfant à l’école. Vous, vous en parlez en donnant l’impression d’une découverte. C’est peut-être bien là l’aveu de votre ignorance des réalités du terrain. Celle qui vous a fait si dangereusement réduire, et avec autant de désinvolture et d’irresponsabilité, le nombre de postes de surveillants dans les établissements du second degré. Ne parlons pas des budgets et des locaux d’animations… Ne parlons pas non plus des mesures que vous prenez chaque année en défaveur de l’AIS : fausses créations de postes par redéploiement, récupération de postes endormis ou " mal employés ", réduction de la formation, abandon du volet formation initiale à l’inconscience des IUFM…

Nous sommes tous " employés " dans le même ministère, mais d’évidence, nous n’avons pas la même haute considération des intérêts du service public, ni le même souci de la recherche des moyens nécessaires à son bon fonctionnement. Croyez-vous que nous soyons étonnés de votre insensibilité à l’ensemble des paramètres que nous prenons en compte au quotidien pour exercer nos métiers ?

Ces paramètres, vous le savez pourtant, évoluent sans cesse vers des tensions sociales de plus en plus insolubles. Croyez-vous que nous soyons stupéfaits que vous ne puissiez réagir qu’en fonction de vos plans de carrières et donc, de votre crainte des vagues ?

Avec tout cela, vous ne manquerez pas de nous refaire un couplet sur la citoyenneté quand nos élèves sont de moins en moins dupes de l’exemple que vous et vos pairs savez si bien nous donner.

Car nous voyons, au quotidien, les détournements financiers des dirigeants politiques et d’entreprises les plus hauts placés et la mise en accusation des " fusibles " de second ordre (la collection s’agrandit dangereusement).
Nous voyons aussi l’inconséquence des grands de l’industrie et de la finance, ceux qui font toujours plus de profits et de licenciements, ceux qui polluent et jouent les victimes, ceux qui ont un projet de " refondation " des relations sociales, ceux qui menacent de rompre avec le paritarisme si les syndicats ne se mettent pas à leur botte (et ils s’y mettront), ceux qui font passer l’annualisation du temps de travail (et en conséquence la régression des droits du travail), l’augmentation de la productivité, l’aggravation de l’autoritarisme, la perturbation de la vie familiale et personnelle… tout cela avec la complicité du gouvernement actuel, sous couvert de réduction du temps de travail et de maigres créations d’emplois.

La dernière trouvaille était l’adaptation du contrat de travail aux exigences du marché, à " la réactivité imposée aux entreprises par le marché " ! Comprenons la mise en place de toutes les facilités nécessaires aux licenciements expéditifs.

Aujourd’hui, il s’agit des retraites. Sous prétexte de pragmatisme, vous osez même avancer le terme de solidarité, vous vous apprétez à liquider l’équité en matière de retraites. Nous n’aurons jamais assez travaillé pour le plus grand réconfort des nantis !

Nous pourrions encore en écrire des pages, mais nous avons tant à faire avec et pour nos élèves.

Nous avons tous des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, des restes de conscience pour nous mobiliser et nous syndiquer, vite…