Rythmes scolaires : PAS sans nous !

lundi 27 janvier 2014
par  udas
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RYTHMES SCOLAIRES : AVEC NOUS !

Retrouvez l’intégralité de l’article ici :

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Le PAS 38 regrette la précipitation de la mise en œuvre de la réforme dans les communes qui ont mis en place les nouveaux rythmes à la rentrée 2013. Le plus souvent associée à une absence de concertation, ou à une pseudo-concertation, cette précipitation a abouti à des dysfonctionnements importants :

la spécificité des maternelles n’a pas été prise en compte,

le personnel, parfois insuffisant, n’a pas été suffisamment formé,

l’offre est parfois trop riche et trop exigeante, au détriment des rythmes des enfants

l’offre relève parfois de la garderie, au détriment de la cohérence éducative

la question sensible des locaux scolaires n’a pas été abordée avec un maximum de précautions,

la pérennité de l’aide aux communes pauvres n’a pas été prévue,

le samedi matin a été trop vite écarté (mais pas exclus),

la refonte du calendrier annuel (diminution des vacances d’été) n’a pas été abordée en préalable,

les travaux des chronobiologistes n’ont pas assez été pris en compte1,

les locaux scolaires ne seront pas mieux adaptés,

les programmes scolaires ne seront pas forcément nettement plus à la portée de tous les élèves …

Pour autant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Pour une fois qu’une réforme dans l’EN n’est pas décidée pour faire des économies ! Pour une fois qu’on ose une meilleure répartition des temps scolaires des enfants dans la semaine, après la catastrophique semaine de quatre jours ! Pour une fois qu’il est plus facile de travailler partout sur la cohérence des temps éducatifs, à l’ouverture périscolaire culturelle et citoyenne à l’aide de partenariats…

Comment tirer des bilans définitifs au bout de quelques mois, là où la mise en œuvre a été tronquée, alors que nul projet ne peut être parfait d’emblée ?

Comment évaluer scientifiquement, ou au moins objectivement, si les enfants sont davantage fatigués ?

Comment ne pas tirer profit de la matinée de classe supplémentaire, permettant d’y placer à des heures plus satisfaisantes des apprentissages difficiles à aborder l’après-midi ?

Pourquoi ne pas essayer ? Le pire est-il certain ?

Et si on parlait des communes où ça se passe bien ou plutôt bien (ce qui prouve que c’est possible) ? Si on créait une « bourse des bonnes idées » ?

Et si on envisageait la mise en œuvre de cette réforme comme un espace de liberté et d’initiatives ?

Si, dans les petites communes démunies, on profitait de la réforme pour renforcer l’aide concertée des parents d’élèves bénévoles, en réservant les moyens pour des interventions professionnelles rémunérées, cerise sur le gâteau, avec un bon équilibre entre activités reposantes et activités plus exigeantes ?

Si ailleurs cet équilibre était également recherché ?

Pourquoi ne pas associer les enfants à la réflexion, à leur juste place, là où les conditions sont réunies pour le faire, dans l’élaboration du projet et dans les bilans, à condition de ne pas le faire de manière artificielle ?

Même là où ça a mal démarré, si on investissait fortement les temps de bilan, d’évaluation, pour réorienter le projet dans un sens plus satisfaisant ?

Là où la concertation se poursuit en vue de démarrer en septembre 2014, si on tirait profit des « erreurs » pour mieux réussir ?

Si, au lieu d’un repli corporatiste aux lourdes conséquences, on arrêtait de percevoir l’autre comme un ennemi ?

Au PAS 38 nous préférons revendiquer que : « La réforme des rythmes doit se poursuivre et évoluer avec nous ! La mobilisation de toutes les intelligences est indispensable. »

La déception des enseignants après deux ans de pouvoir socialiste est justifiée. Mais il y a largement plus grave, comme motifs d’insatisfaction, que la réforme des rythmes scolaires ou que le manque de moyens. Dans ces deux domaines, le gouvernement socialiste fait largement mieux que ses prédécesseurs, dans un contexte au moins aussi difficile. A nous de revendiquer une meilleure formation quand les ESPE patinent, une meilleure approche de la grande difficulté scolaire et de l’éducation prioritaire, d’abord en donnant du sens aux apprentissages, et à l’aide de RASED plus vite reconstitués. De meilleures conditions de travail, bien sûr, mais pour transformer l’éducation !

C’est contre l’autoritarisme, contre le diktat du monde économique, contre le fichage des compétences et contre le productivisme éducatif qu’il faut se révolter, pour une école émancipatrice et solidaire !

Nous y reviendrons.

Le PAS 38

1 Le sujet ne date pas d’hier : rappelons cet ouvrage de référence : « Les rythmes de l’enfant et de l’adolescent. Ces jeunes en mal de temps et d’espace », livre de Hubert Montagner avec la participation du SNI-PEGC, de la FCPE, de la Ligue Française d’Hygiène Mentale et du Laboratoire de Psychophysiologie de l’Université de Franche-Comté, chez Stock, 1983.