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novembre 2004

Du taylorisme scolaire à un système éducatif vivant


(Bernard Collot, Christian Drevet, Philippe Lamy, Laurent Ott, Philippe Ruelen)
(125 pages ) éditions Odilon


On connaît le taylorisme dans l'industrie - découpage d'une tache globale en une multitide de micro-opérations, de gestes successifs qu'une multitude d'ouvriers va successivement accomplir.
Le "taylorisme scolaire" c'est le découpage de l'itinéraire d'apprentissage de l'enfant en tranche d'âges - c'est aussi le découpage des objets d'apprentissages en une liste de micro savoirs ou savoirs-faire que l'enfant est censé successivement et indépendamment acquérir, pour, au bout de cette succession de taches, par simple empilement, acquérir l'objet d'apprentissage dans sa globalité. Cette vision, quelque peu caricaturale, correspond pourtant à la logique massivement à l'oeuvre au sein de l'Education Nationale.

Le livre essaie de montrer que toutes les réformes qui ont été tentées depuis les années 70 - depuis les math modernes et le tiers-temps pédagogique jusqu'à la réforme des cycles, en passant par les BCD ou l'introduction de l'informatique - étaient porteuses d'une autre logique que celle de cette organisation "tayloriste". Sans remise en question clairement énoncée de cette dernière, ces réformes, qui entraient en contradiction avec elle, ne pouvaient pas être appliquées... sauf à la marge du système, dans des classes dont la structure, les conditions matérielles de fonctionnement avaient conduits, déjà, les enseignants à rompre avec cette même logique (certaines classes uniques ou des écoles situées dans des zônes difficiles).

Quand on analyse les textes des Instructions officielles, ce type de contradiction est à l'oeuvre de manière quasi permanente. Extrait des IO : "Il faut que les compétences et connaissance soient acquises dès que le prévoient les programmes… et (plus loin, mais dans la même phrase) en tenant compte des rythmes propres de chaque enfant." On admet l'hétérogénéité (que les compétences puissent s'acquérir différemment dans la manière et dans le rythme) et on doit aboutir à la plus grande homogénéité possible au terme du parcours, l'entrée en 6ème. La position de l'enseignant est alors celle d'une sorte de "grand écart méthodologique" permanent.

Il nous semble qu'on ait à faire clairement le choix d'une autre logique : celle de permettre à chacun d'aller le plus loin possible dans la construction des langages - compris comme outils de relation avec le monde et avec les autres - et que cette logique doit être clairement affirmée tout au long de la scolarité obligatoire - de fait jusqu'à 18 ans, puisque très peu d'élèves quittent le système scolaire avant cet âge. Ce choix a des implications sur la manière de faire la classe (mais ce n'est pas pour autant le sujet du livre), le rôle de l'évaluation, les rapports avec l'environnement (parents, financeurs, partenaires éducatifs), les rapports hiérarchiques au sein de l'éducation nationale..... Le livre essaie de balayer tous ces ordres de conséquences.

Dans une telle logique, les programmes pourraient devenir - au lieu d'une suite de savoirs à assimiler "dans les temps" de manière parcellaire et éclatée - un référentiel permettant à chacun de se situer dans les processus d'acquisition des langages.

C'est un ouvrage écrit par des praticiens dont l'argumentation s'appuie sur les pratiques et analyses de militants de divers mouvements pédagogiques, ou de simple enseignants de base qui ont pu entrevoir dans leur travail quotidien une autre réalité possible pour l'école..

A se procurer au prix de 10 euros (frais de port compris) christian.drevet2@wanadoo.fr
paiement par chèque Christian Drevet 280, rue de la Voie Ferrée 38690 Longechenal



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