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Mars 2004

Environ 5000 personnes à la manifestation à Lyon

Gros cortège de la recherche, pas mal de Lycéen, et d'étudiants en STAPS (-41 % de postes au concours !) mais sur une base assez corpo.
Significatif, un cortège CNT assez étoffé par rapport à d'habitude (jusqu'à 150 personnes), toujours grosse prédominance FSU, un peu
d'UNSA, un cortège correct de la CGT, des SUD's assez dispersés mais bien présents (SUD structure rarement ses cortèges sur le Rhône), PAS69.

Des personnes plutôt motivé-e-s.
Par contre, un manifestant a été interpellé en marge du cortège, alors qu'il était en train de taguer une publicité sexiste avec un feutre. Un peu en retrait, il a été violemment jeté à terre et frappé. Malgré l'intervention de manifestant-e-s (SUD CGT CNT PAS étudiant-e-s dans l'indifférence relative du reste du cortège), la voiture de la BAC s'est frayé un chemin, en roulant à travers les genTEs. Le manifestant, un étudiant de sociologie par ailleurs assistant d'éducation dans une école maternelle, en grève le jour même, a été inculpé de "dégradation de bien privé" et "Rébellion". Des photos ont néamoins été prises et de nombreux témoignage soulignent la violence policière inacceptable de la police qui est une provocation supplémentaire inacceptable envers un cortège syndical de grévistes.

Une AG convoquée l'après midi à la bourse du travail par les syndicats SUD, CNT et PAS (rejointe, sans appel par des militant-e-s CGT) a réuni
150 personnes. Des intervenant-e-s ont fait état de réunion d'assemblées de secteur : A Vaulx en Velin, 70 personnes à l'assemblée générale ont
fait état de leur volonté de construire le rapport de force et la remobilisation nécessaire afin de donner un coup d'arrêt au gouvernement. Il faut savoir que Vaulx avait été en première ligne des grèves du printemps et reste donc très fortement mobilisé. Le camarade qui est intervenu a souligné que Vaulx s'était engagé dans une activité locale interprofessionelle avec notamment les communaux, l'ENTPE (école nationale des travaux public d'Etat) qui s'est concrétisé par une soirée "4 heures contre l'insécurité sociales", avec des sections syndicales CNT SUD CGT PAS et le collectif "on vaulx mieux", collectif de lutte vaudais.

En projet : 4 heures contre la précarité. Le collectif Croix Rousse, qui s'est également réuni a fait part de ses difficulté de fonctionnement, tout en soulignant que le réseau créé à l'occasion des grèves de mai-juin dernier n'avait pas disparu : même sans être porteur d'une dynamique propre, c'est un outil significatif de relais des luttes.

Une camarade sudiste de la Cité scolaire internationale est intervenue pour souligner le travail qui était fait sur son établissement quant à la lutte contre la précarité : création d'un groupe informel de travail, recensement de la situation des précaires...en insistant sur la nécessité d'agir au niveau local.

Un camarade de Villefranche de la CGT, tout en se fendant d'une longue loghorée autojustificative sur la CGT (bien ininteressante car elle visait plus à justifier et promouvoir l'appareil qu'autre chose, alors que la CGT n'avait même pas été attaquée), a néanmoins porté à la connaissance de l'AG le travail interprofessionnel qui était fait sur Villefrance, travail porté principalement par des militant-e-s CGT et plutôt intéressant. Il a souligné la nécessité d'apporter une réponse sur le plan européen, avec l'initiative de la CES le 2 avril.

Un camarade de la CNT de Vaulx en Velin est intervenu quant à la nécessité d'œuvrer à la convergence des luttes en se donnant des outils permettant de construire un rapport de force, notamment autour de 3 axes : défense de la sécu, refus de la précarité, défense des services public, et la nécessité de solliciter l'ensembles des organisations syndicales et sections afin d'évoluer rapidement vers une journée de grève interpro, au minimum dans le public.

Je suis intervenu pour souligner que la lutte contre la précarité et la convergence des luttes, intercatégorielle et interprofessionnelle commençait au niveau de l'établissement : rappelant, en tant que MI, les difficultés que nous avions eu à trouver un écho solidaire de notre lutte auprès des collègues titulaires, soulignant le manque de communication entre personnel TOS, et personnel enseignant ou vie scolaire, avec très souvent un mépris des premiers par nombre de collègues enseignants. J'ai également donné pour exemple quant au rouleau compresseur de la précarité mon établissement où un collègue qui était contractuel, de nationalité camerounaise a subi les pratiques dégueulasse de sa hiérarchie : alors qu'il postulait en début d'année dans plusieurs Lycées et collège, la principale du collège de la cité scolaire où je travaille a répondu aux autres chefs d'établissement qui téléphonaient pour référence que celui-ci avait déjà signé un contrat sur l'établissement : en effet, elle comptait le garder à disposition pour un remplacement d'une collègue enceinte en cours d'année. Celui-ci, sans réponse des établissements en question de ce fait, a été forcé de signer un contrat d'assistant d'éducation, à mi-temps, dans l'établissement en question : perte de revenu sèche mais également grande difficulté pédagogique puisque du statut de prof il passe à celui de "pion" aux yeux des élèves qu'il avait. Depuis, alors que la collègue s'est enfin mis en arrêt maladie : le rectorat refuse de l'employer pour pouvoir le poste et préfère employer deux personnes extérieures. Il se retrouve dès lors du fait de sa hiérarchie, dans une situation d'extrême précarité : Ayant signé un contrat d'assistant d'éducation pour un an, à mis temps, il doit recourir à des cours de soutiens hors établissement pour s'en sortir : Pour ajouter au tout : la "double peine" : le renouvellement de son titre de séjour, d'année en année, est conditionné au fait d'avoir un travail : très difficile pour lui d'entrer en conflit avec sa hiérarchie, avec pour risque afférent de se retrouver rayé des listes et donc de risquer des problèmes de papiers, à moins de trouver un emploi. Bref, de grande difficulté de construire une réponse collective et syndicale sur la question, puisque le premier intéressé est dans une situation éminemment délicate. A suivre...

Enfin, des interventions de collègues de la recherche sur leur mouvement, et notamment des orientations catégorielles de certains membres du collectif "sauvons la recherche" dont il font partie, orientation qu'ils combattent soulignant la nécessité de travailler ensemble. Un étudiant est également intervenu sur les mouvements en cours dans les universités et leur difficulté à remobiliser.

Bref une AG prometteuse et constructive, qui a eut le mérite de réactiver des réseaux, même s'il est difficile de voir ce sur quoi elle va déboucher : elle aura néanmoins permis de mutualiser les idées d'initiatives locales, de faire l'état des lieux, de constater qu'un nombre significatif de collègues à encore la rage au cœur, même si la répression financière de mai-juin pèse encore lourds sur tout le monde.

A noter la grande absence des bureaucrates locaux de la FSU, FSU qui comme l'UNSA et le SGEN-CFDT (mais ce dernier est groupusculaire) s'est refusé à appeler à une AG. Quelques personnes de "L'Ecole-émancipée-LCR" (Banliat notamment), mais qui sont restés bien muets se contentant apparemment d'observer... Etrange stratégie pour une FSU qui n'avait pourtant rien à perdre à se présence ce jour (tant il est vrai que la grève générale n'était malheureusement pas à l'ordre du jour), et qui accentue la distance avec les plus mobilisé-e-s des collègues.
[...]

L'AG a enfin voté deux motions : une de soutient au camarade inculpé (libéré après 6 heures de garde à vue)et de dénonciation des violences policières... L'autre un appel à la construction d'une riposte interpro...
A suivre... Je vous envoie l'appel dès que je l'ai

Samuel Delor (CNT éducation 69-01)


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