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Mars 2004

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Grève du 12 mars 2004

dans l'Education Nationale

Ce 12 mars, des enseignants seront en grève et dans la rue. D'autres feront classe. Cette divergence de méthode n'effacera pas le ras-le-bol et l'écœurement d'une immense majorité des enseignants, ni leur volonté d'agir avec les parents d'élèves et l'ensemble des citoyens pour refaire de l'Education Nationale une priorité, dans un monde plus juste.

Pendant les mouvements sociaux du printemps 2003, le gouvernement vous a-t-il convaincu que décentraliser l'Education c'était la rendre plus forte ?

  • Les personnels techniques des collèges et des lycées resteront peut-être fonctionnaires (territoriaux) mais rien n'obligera les Conseils Généraux et Régionaux à maintenir leurs postes au service de l'Education.
  • Et ce n'est qu'une première étape. Le ministère travaille à la création de réseaux d'écoles, regroupant une vingtaine de classes en un seul établissement, d'où des fermetures massives de classes et de petites écoles en milieu rural. Les écoles n'ont pas attendu ce projet pour travailler en commun (rencontres, projets collectifs, Emala). Plutôt que de renforcer cette pratique, le gouvernement a d'autres ambitions.
  • Il est question de gérer les caisses de ces réseaux d'écoles par un Conseil d'Administration où les élus seraient

majoritaires : ils décideraient de l'utilisation des crédits pédagogiques alors que jusqu'à présent les enseignants sont libres dans leurs choix à condition de pouvoir justifier leurs dépenses.

  • Il est question de confier à ces structures la gestion des postes d'enseignants : les élus décideraient à leur guise des fermetures et des ouvertures de classes et d'écoles au sein de leurs réseaux, à la place de l'administration.
  • Il est question de mettre en concurrence tous les établissements scolaires et universitaires, disposant d'une plus grande autonomie … mais au détriment d'une cohésion nationale : programmes et diplômes.
  • Il est question d'adapter l'enseignement aux besoins des entreprises, au détriment d'une indispensable culture générale.

Comme dans les autres pays riches, on glisse sans le dire vers la disparition du caractère national de l'Education, on glisse vers la privatisation. Est-ce cela l'idéal républicain ?

Le gouvernement vous a-t-il convaincu que l'Education Nationale restait une priorité ? Son grand débat sur l'Education n'est-il pas qu'un trompe-l'œil ?

  • Il augmente le nombre de postes dans le primaire mais d'une manière très insuffisante compte tenu de la forte augmentation du nombre d'élèves de maternelle et d'élémentaire.
  • Il prend ces postes dans le second degré, dont les effectifs baissent un peu. Le recrutement de professeurs du secondaire s'effondre, obligeant l'utilisation massive d'auxiliaires précaires et non-formés. De nombreuses options disparaissent au détriment des choix des élèves. Les effectifs des classes vont augmenter. Le dispositif du soutien va souffrir.
  • C'est la crise dans l'indispensable formation continue des enseignants : baisse vertigineuse du nombre de stages.
  • C'est la crise dans l'Adaptation et l'Intégration Scolaire : classes spécialisées insuffisantes, réseaux d'aide incomplets (psychologues, rééducateurs, postes de soutien), formation spécialisée bradée.
  • C'est la crise dans les crédits culturels : moins d'aides aux projets des écoles, des collèges et des lycées.
  • C'est la fin des aide-éducateurs (au statut inacceptable) et des surveillants ; et le nombre d'assistants d'éducation (au statut tout autant inacceptable) est très insuffisant pour les remplacer. Les missions d'aide aux enseignants - des besoins bien réels - nécessitent des emplois stables avec formation.

Dans ces conditions, il devient de plus en plus difficile de permettre à tous les enfants et à tous les jeunes de progresser. Plus que jamais les plus fragiles sont issus des catégories sociales défavorisées. Est-ce cela l'idéal républicain ?
Le gouvernement vous a-t-il convaincu que les " nantis de fonctionnaires " devaient s'aligner sur les retraites du privé ?

  • Tous les travailleurs, du public comme du privé, passeront bientôt à quarante deux années de cotisation. En dehors des actifs ayant démarré très jeunes, tout le monde sera pénalisé par le nouveau régime des retraites.
  • Pourtant, avec la crise de l'emploi, on s'arrête de travailler en moyenne à cinquante sept ans … et non à soixante cinq. Les emplois stables, les seuls qui garantissent une retraite décente, disparaissent …
  • Les énormes gains de productivité, réalisés et à venir, et le partage du

travail pourraient permettre des emplois stables et des retraites avec trente sept ans et demi de cotisation pour tous. Est-ce plus indécent que de concentrer tous les profits sur les seuls actionnaires?

  • Des règles internationales et une protection des travailleurs du monde entier peuvent encore enrayer les délocalisations vers les pays pauvres, phénomène croissant aux conséquences inconnues.
  • Prochaine étape : la fin de la Sécurité Sociale ? Moins d'accès aux soins pour les pauvres ?

Toutes ces régressions sociales dans un monde dégageant d'énormes profits, est-ce cela l'idéal républicain ?

Le 12 mars, en classe ou dans la rue, les enseignants,

dont une des missions consiste à transmettre les valeurs républicaines,

lancent un appel aux parents d'élèves et à l'ensemble des citoyens

pour agir tous ensemble :

  • Oui, l'Education Nationale doit redevenir l'investissement prioritaire pour l'avenir, la Recherche et la Culture devant compléter cet effort.
  • Oui, la lutte contre la précarité doit enfin se traduire par des actes, alors que nous accueillons deux millions d'enfants pauvres dans nos classes. Ce n'est pas en manipulant les statistiques du chômage, en diminuant les indemnités, en favorisant l'emploi précaire (RMA, CDD, travail partiel subi, intérim, auxiliaires, assistants d'éducation), en sacrifiant les intermittents du spectacle qu'on agit contre cette précarité.

Tous les enfants et les jeunes doivent pouvoir vivre dignement, apprendre dans la sérénité, croire en l'avenir

Pour une Alternative Syndicale BP 101 38001 GRENOBLE cedex 1

Udas : Union des alternatives syndicales
tél : 04 74 92 61 39 http://udas.org e-mail : pas38@wanadoo.fr

 

 

 

 

 


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