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Ce 12
mars, des enseignants seront en grève et dans la rue.
D'autres feront classe. Cette divergence de méthode n'effacera
pas le ras-le-bol et l'écurement d'une immense majorité
des enseignants, ni leur volonté d'agir avec les parents
d'élèves et l'ensemble des citoyens pour refaire de
l'Education Nationale une priorité, dans un monde plus juste.
Pendant les
mouvements sociaux du printemps 2003, le gouvernement vous a-t-il
convaincu que décentraliser l'Education c'était la
rendre plus forte ?
- Les
personnels techniques des collèges et des lycées
resteront peut-être fonctionnaires (territoriaux)
mais rien n'obligera les Conseils Généraux
et Régionaux à maintenir leurs postes au service
de l'Education.
- Et
ce n'est qu'une première étape. Le ministère
travaille à la création de réseaux
d'écoles, regroupant une vingtaine de classes en
un seul établissement, d'où des fermetures
massives de classes et de petites écoles en milieu
rural. Les écoles n'ont pas attendu ce projet pour
travailler en commun (rencontres, projets collectifs, Emala).
Plutôt que de renforcer cette pratique, le gouvernement
a d'autres ambitions.
- Il
est question de gérer les caisses de ces réseaux
d'écoles par un Conseil d'Administration où
les élus seraient
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majoritaires
: ils décideraient de l'utilisation des crédits
pédagogiques alors que jusqu'à présent
les enseignants sont libres dans leurs choix à condition
de pouvoir justifier leurs dépenses.
- Il
est question de confier à ces structures la gestion
des postes d'enseignants : les élus décideraient
à leur guise des fermetures et des ouvertures de
classes et d'écoles au sein de leurs réseaux,
à la place de l'administration.
- Il
est question de mettre en concurrence tous les établissements
scolaires et universitaires, disposant d'une plus grande
autonomie
mais au détriment d'une cohésion
nationale : programmes et diplômes.
- Il
est question d'adapter l'enseignement aux besoins des entreprises,
au détriment d'une indispensable culture générale.
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Comme dans
les autres pays riches, on glisse sans le dire vers la disparition
du caractère national de l'Education, on glisse vers la privatisation.
Est-ce cela l'idéal républicain ?
Le gouvernement
vous a-t-il convaincu que l'Education Nationale restait une priorité
? Son grand débat sur l'Education n'est-il pas qu'un trompe-l'il
?
- Il
augmente le nombre de postes dans le primaire mais d'une
manière très insuffisante compte tenu de la
forte augmentation du nombre d'élèves de maternelle
et d'élémentaire.
- Il
prend ces postes dans le second degré, dont les effectifs
baissent un peu. Le recrutement de professeurs du secondaire
s'effondre, obligeant l'utilisation massive d'auxiliaires
précaires et non-formés. De nombreuses options
disparaissent au détriment des choix des élèves.
Les effectifs des classes vont augmenter. Le dispositif
du soutien va souffrir.
- C'est
la crise dans l'indispensable formation continue des enseignants
: baisse vertigineuse du nombre de stages.
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- C'est
la crise dans l'Adaptation et l'Intégration Scolaire
: classes spécialisées insuffisantes, réseaux
d'aide incomplets (psychologues, rééducateurs,
postes de soutien), formation spécialisée
bradée.
- C'est
la crise dans les crédits culturels : moins d'aides
aux projets des écoles, des collèges et des
lycées.
- C'est
la fin des aide-éducateurs (au statut inacceptable)
et des surveillants ; et le nombre d'assistants d'éducation
(au statut tout autant inacceptable) est très insuffisant
pour les remplacer. Les missions d'aide aux enseignants
- des besoins bien réels - nécessitent des
emplois stables avec formation.
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Dans ces
conditions, il devient de plus en plus difficile de permettre à
tous les enfants et à tous les jeunes de progresser. Plus
que jamais les plus fragiles sont issus des catégories sociales
défavorisées. Est-ce cela l'idéal républicain
?
Le gouvernement vous a-t-il convaincu que les " nantis de fonctionnaires
" devaient s'aligner sur les retraites du privé ?
- Tous
les travailleurs, du public comme du privé, passeront
bientôt à quarante deux années de cotisation.
En dehors des actifs ayant démarré très
jeunes, tout le monde sera pénalisé par le
nouveau régime des retraites.
- Pourtant,
avec la crise de l'emploi, on s'arrête de travailler
en moyenne à cinquante sept ans
et non à
soixante cinq. Les emplois stables, les seuls qui garantissent
une retraite décente, disparaissent
- Les
énormes gains de productivité, réalisés
et à venir, et le partage du
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travail
pourraient permettre des emplois stables et des retraites
avec trente sept ans et demi de cotisation pour tous. Est-ce
plus indécent que de concentrer tous les profits
sur les seuls actionnaires?
- Des
règles internationales et une protection des travailleurs
du monde entier peuvent encore enrayer les délocalisations
vers les pays pauvres, phénomène croissant
aux conséquences inconnues.
- Prochaine
étape : la fin de la Sécurité Sociale
? Moins d'accès aux soins pour les pauvres ?
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Toutes ces
régressions sociales dans un monde dégageant d'énormes
profits, est-ce cela l'idéal républicain ?
Le 12 mars, en
classe ou dans la rue, les enseignants,
dont une des missions
consiste à transmettre les valeurs républicaines,
lancent un appel
aux parents d'élèves et à l'ensemble des citoyens
pour agir tous
ensemble :
- Oui, l'Education
Nationale doit redevenir l'investissement prioritaire pour l'avenir,
la Recherche et la Culture devant compléter cet effort.
- Oui, la
lutte contre la précarité doit enfin se traduire
par des actes, alors que nous accueillons deux millions d'enfants
pauvres dans nos classes. Ce n'est pas en manipulant les statistiques
du chômage, en diminuant les indemnités, en favorisant
l'emploi précaire (RMA, CDD, travail partiel subi, intérim,
auxiliaires, assistants d'éducation), en sacrifiant les
intermittents du spectacle qu'on agit contre cette précarité.
Tous
les enfants et les jeunes doivent pouvoir vivre dignement, apprendre
dans la sérénité, croire en l'avenir
Pour
une Alternative Syndicale BP 101 38001 GRENOBLE cedex 1
Udas
: Union des alternatives syndicales
tél : 04 74 92 61 39 http://udas.org e-mail : pas38@wanadoo.fr
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