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J'ai comme un goût de trahison dans la bouche !

J'ai vu beaucoup de monde encore à cette manifestation du 19 juin et une détermination intacte pour la plupart d'entre-nous. Mais ce que je veux dire, c'est le coup pris sur la tête par beaucoup de manifestants.

Aujourd'hui, c'est la dernière manifestation de ce printemps !

Tous voudraient poursuivre l'action mais les perspectives se ferment. Beaucoup sont dans la lutte depuis avril, d'autres depuis mai. La fatigue, la démoralisation sont là.

Les Assemblées Générales ont été la plupart du temps contrôlées par les grands syndicats. Or aujourd'hui, que proposent-ils à part une pétition nationale un hypothétique rendez-vous de rentrée ? Rien.

J'ai le sentiment d'avoir été floué, d'avoir été guidé vers cette impasse.

  • On glisse vers une loi consommée sur les retraites, dénoncée du bout des lèvres par les socialistes.
  • On s'avance vers une réforme meurtrière de la sécurité sociale et une libéralisation de la santé qui s'ouvre aux profits grandissants et protégés des laboratoires.
  • On vit une forme aseptisée de décentralisation qui ne remet pas en question les agressions de l'OMC et de son AGCS et qui libère les contrats de marchés publics.
  • On subit une Europe toujours plus libérale, à la solde de l'OCDE et liée aux Etats-Unis, via ses alliés historiques et via l'apport politiques des anciens pays de l'Est qui rêvent encore d'un illusoire eldorado.

Au moins, j'ai compris qu'il ne tient qu'à nous de nous informer et de nous mobiliser, au moins, j'ai appris qu'ils y a dans les syndicats, des syndicats réformistes qui ne tiennent pas du tout aux mobilisations de la rue et qui agissent par des grèves de 24 heures. Ces mobilisations là n'ont pas d'autre fonction que de canaliser les énergies pour des négociations de bureau qui nous trahissent toujours un peu plus. Et puis j'ai très mal vécu ces appels à la lutte fractionnée, morcelée, canalisée, ficelée comme des campagnes d'adhésion sans écoute des débats des assemblées générales.

Aujourd'hui, et demain, je veux poursuivre mon éveil syndical et politique en croisant mes actions entre syndicats et associations. Pour un syndicalisme qui laisse le pouvoir aux assemblées générales et pour des associations qui mettent en perspective les attaques des libéraux et de la finance au niveau mondial.

Jacques


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